Japon Premiers pas à Nagano

Changement d’ambiance et de décors. À quelques heures seulement de la capitale, la petite ville de Nagano nous plonge dans un Japon bien différent. En sortant, le changement est presque radical. Les montagnes ont remplacé les hauts buildings.

Sous un ciel toujours aussi éclatant, nous nous enfonçons dans la petite ville qui avait accueilli les Jeux olympiques d’hiver il y a 20 ans de ça. Impossible de ne pas le savoir, c’est affiché fièrement dans la gare et à quelques endroits de la ville. Une trentaine de minutes de marche plus tard, nous arrivons dans notre auberge, le dos dégoulinant de sueur. L’auberge est minuscule, c’est une charmante maison japonaise avec deux chambres double et un petit dortoir. Comme dans toutes les maisons japonaises, nous laissons nos chaussures à l’entrée et enfilons des chaussons. Nous montons à l’étage, découvrant notre micro chambre où deux futons sont pliés dans un coin, prenant toute la largeur de la chambre. Cette fois-ci, nous dormirons directement sur les tatamis. Le confort de la maison est plutôt sobre, mais nous sommes absolument ravis. On se sent un peu comme à la maison, dans une ambiance très apaisante et chaleureuse.

Les rues de Nagano sont bien plus traditionnelles. Nous avançons lentement au milieu de toutes ces jolies maisons japonaises, parfois gardées par un gros chat qu’on aimerait prendre dans nos bras. Et quel silence dans la rue ! Le calme est à peine perturbé par quelques habitant·e·s qui papotent dans la rue. Certaines personnes nous saluent amicalement d’un signe de tête. La bonne odeur de bois est omniprésente. Les libellules ne cessent de virevolter autour de nous. On a parfois l’impression d’être dans un film de Hayao Miyazaki. On croit voir des petites noiraudes dans les coins des murs ou une petite sorcière qui vole sur son balais au-dessus de nos têtes.

Temple Zenkô-ji

Les rues qui mènent au Temple Zenkô-ji sont un peu plus animées. C’est ici que l’on croisera le plus de monde, bien que ça reste tout à fait supportable et loin d’un bain de foule à Tokyo.

Construit au VIIe siècle et déplacé plusieurs fois avant d’atteindre son emplacement final, le temple Zenkô-ji est très populaire au Japon, considéré comme l’un des plus beau. Il accueille également les bouddhistes de toutes obédiences, les femmes comprises – fait assez rare. Le temple abriterait une statue de Bouddha cachée et jamais dévoilée au public, il s’agirait même de la première statue de Bouddha amenée au Japon au VIe siècle. Seule une reproduction de la statue peut être montrée au public tous les six ou sept ans lors d’une cérémonie spéciale appelée Gokaichō.

Il est possible de passer une nuit dans le temple et découvrir en l’espace d’une soirée la vie en monastère. On peut même participer à l’oasaji, la cérémonie matinale des moines.

L’entrée principale se fait par la porte Niōmon, s’en suit une longue rue commerçante où l’on trouve un peu de tout, des magnifiques poteries, des services à thé ou encore des kimonos et bien évidemment de quoi grignoter sur le pouce. Comme ces délicieux Oyaki, des beignets fourrés aux légumes, une spécialité locale. Par chance, c’est même végétalien ! 🙂 Vient ensuite la magnifique porte Sanmon.

Nous sommes toujours admiratifs à la vue de ces temples, le travail sur le bois est impressionnant et pleins de détails. D’ailleurs, on ne se lasse pas de cette odeur de bois qui nous enivre. Autour du temple, se trouvent de nombreux autres temples, pagode, et même un musée.

Nous nous perdons volontairement dans les rues de Nagano, découvrant sans cesse de belles choses à voir ou à photographier. Il y a toujours un temple ou une incroyable maison cachée quelque part au fond d’une ruelle ou entre deux immeubles. La ville est tellement calme que nous en sommes presque troublé·e·s.

Le château de Matsumoto

Le lendemain, nous reprenons le train pour découvrir la ville de Matsumoto et son célèbre château. La ville est à moins d’une heure en train, on peut donc faire l’aller-retour dans la journée. Et puisque nous voyageons avec un Japan Rail Pass, autant en profiter. On avait hésité entre une escapade vers la petite ville de Obuse et son musée Hokusai ou le château de Matsumoto. L’envie de découvrir un château japonais a gagné !

Surnommé le Corbeau noir à cause de sa couleur, le château est classé au patrimoine culturel du Japon. Il est sans doute l’un des châteaux les plus connus et les plus représentés du Japon, on le voit un peu partout dans les brochures.
Parfaitement préservé depuis sa construction au 16e siècle, le château de Matsumoto mérite bien un petit détour.

Rien à voir avec nos grands châteaux français, l’intérieur du corbeau noir est plutôt sombre et très sobre, doté d’escaliers particulièrement étroit et aux marches très (très) hautes. L’une des particularités est son apparence trompeuse. En effet, de l’extérieur, le château montre cinq étages alors qu’en réalité, il y en a six. Il y a un étage sombre, assez bas de plafond et sans fenêtre qui servait de cachette en période de guerre.

Le dernier étage offre une magnifique vue sur l’ensemble de la ville et les montagnes qui l’entourent. C’est le seul étage où les photos sont autorisées.

Sachez que la visite se fait en chaussette, comme souvent au Japon. Le personnel donne un petit sac plastique à l’entrée pour vos chaussures, qu’il faut rendre à la fin de la visite. On regrette un peu que la visite se fasse si rapidement et que toutes les inscriptions soient uniquement en japonais, inscriptions que les japonais·es ne prennent même pas le temps de lire d’ailleurs, les gens avancent très vite et tout le monde suit le flux. Une visite plutôt surprenante.

Après la visite du château, nous déambulons un peu dans les rues de Matsumoto, mais la ville n’a rien de bien transcendant et surtout, la chaleur nous empêche d’aller bien loin. Nous nous laissons tenter par une glace au matcha et goûtons un senbei, sorte de galette de riz soufflé avec différentes saveurs, sucrées ou salées selon nos goûts. C’est étrange mais super bon !

De retour dans la très calme Nagano, nous remontons la rue principale jusqu’au temple Zenkô-ji — puisqu’il est juste à côté de notre auberge, re-découvrant l’endroit de nuit. Seul·e·s quelques passant·e·s passent par là. L’éclairage rend l’endroit totalement énigmatique. Se balader de nuit dans les rues de Nagano est vraiment plaisant, les rues sont si sombres que la moindre maison éclairée apporte une lueur réconfortante et esthétique à la rue.

Quelques infos pratiques

Où dormir ?

Dot Hostel Nagano est une toute petite auberge, c’est l’occasion de dormir et surtout de découvrir une vraie petite maison japonaise tout en boit qui vibre au passage des voitures. Je crois que c’est l’endroit que j’ai préféré, c’est petit, cosy, avec énormément d’infos sur ce qu’il y a à faire dans la région. Il y a un petit-déjeuner gratuit et une cuisine accessible à tous. Le personnel est vraiment gentil et parle très bien anglais.
Attention, si vous cherchez l’adresse à partir de celle indiquée sur Booking via Google Map, vous risquerez de tourner en rond comme ce fut notre cas (heureusement, un japonais croisé dans la rue nous a aidé). Par contre l’auberge est indiquée au bon endroit sur Maps.me.

Comment aller à Nagano ?

Nagano est à seulement 1h30 de Tokyo en Shinkansen, le trajet est couvert par le Japan Rail Pass et le JR East Pass.
La ville n’est pas très grande, on peut donc la visiter facilement à pied.

Autour de Nagano ?

Nous ne sommes resté·e·s que deux nuits mais la région mérite bien une bonne semaine tant il y a des choses à faire dans le coin. Randonnée dans les Alpes et la vallée de Kamikochi, se balader dans le parc Jigokudani (le célèbre parc où vivent des singes qui se prélassent dans les sources chaudes en hiver), découvrir le château de Matsumoto, voir la petite ville d’Obuse et le musée du célèbre peintre Hokusai ou encore explorer de nombreux autres petits villages.

Où manger vegan à Nagano ?

À part manger des oyaki sur le pouce, nous n’avons pas trop mangé à l’extérieur, ne trouvant pas d’adresse végé/vegan friendly. Cependant, il faut absolument goûter ces petits beignets, salés ou sucrés, peu importe, c’est excellent.

L’autre spécialité de Nagano sont les soba, nouilles de sarrasin, dont on raffole également.


À bientôt pour la suite de notre exploration du Japon !

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