Norvège Le sud et ses jolis fjords

On voulait du dépaysement, un peu de fraîcheur et (beaucoup) moins de monde. On voulait se perdre un peu dans la nature, marcher le long des rivières et grimper les montagnes. On ne voulait pas forcément aller à l’autre bout du monde mais découvrir une partie de l’Europe qu’on ne connaissait pas encore : les pays scandinaves. C’est comme ça que notre premier voyage en Norvège s’est décidé en cet été 2014.

10 jours, de Olso à Stavanger en passant par Bergen et quelques fjords.

Ce voyage en Norvège marque non seulement nos premiers pas dans les pays scandinaves mais surtout le début d’une belle histoire d’amour pour ce pays, ses fjords et ses couleurs, ses montagnes, son climat (on n’aime pas quand il fait trop chaud), ses paysages « cartes postales » à couper le souffle, l’accueil et la gentillesse de ses habitants, le calme et surtout la tranquillité qui règne un peu partout même dans les villes. Un pays qui nous laisse souvent sans voix, avec ses paysages grandioses et intimidants, ses nombreux animaux sauvages, sa flore riche et variée, sa proximité de la mer et de l’océan et son eau d’un bleu éclatant.

#J-01Oslo

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Deux heures de vol plus tard nous voilà dans la capitale Norvégienne, première étape de ce roadtrip. Qu’il est calme ce petit aéroport, surtout lorsqu’on vient de Frankfurt. Lorsque nous arrivons dans la gare quelque peu agitée de la capitale, nous décidons de rejoindre l’auberge de jeunesse à pieds. Après tout, nous sommes là pour découvrir la ville et ses rues, pas son métro.

Tout en marchant avec le sourire sur les lèvres, heureux·se d’être enfin en Norvège, nous retrouvons l’agréable sensation de l’inconnue, sans aucun repère, celle qui nous rend euphorique et nous émerveille face à chaque nouveauté.
Même la météo nous surprend, passant d’un magnifique soleil en sortant de la gare à une énorme averse 10 minutes plus tard. Les forums et blogs de voyage nous avaient averti : la météo dans les pays scandinaves est capricieuse et imprévisible.

Après s’être débarrassé de nos sacs à dos à l’auberge de jeunesse,  on se laisse perdre dans les rues d’Oslo jusqu’à la tombée de la nuit. Du Grünerløkka et ses rues branchées au centre-ville et ses lieux touristiques et culturels, nous prolongeons notre exploration jusqu’au port d’Oslo et sa douce atmosphère de voyage.

Musées, Châteaux, Palais Royal, Parcs et autres monuments historiques, nous passerons nos deux premières journées norvégiennes à déambuler dans les rues de la Capitale, des grands classiques tel que la Galerie Nationale (où l’on peut voir le fameux « Le Cri » de Munch) aux petits endroits plus discrets et alternatifs comme le Kafe Blitz. La ville n’est pas particulièrement grande, on peut donc tout visiter à pieds et découvrir à chaque coin de rue les petites merveilles d’Oslo.

Son centre-ville n’est pas inintéressant, il y a de jolies surprises architecturales que l’on découvre en se baladant la tête en l’air mais il y a aussi bien évidemment de nombreuses rues commerçantes où s’alignent les mêmes enseignes que dans le reste du monde. Nous passons notre chemin.

Grünerløkka

Le quartier qui nous émerveillera le plus c’est sans aucun doute Grünerløkka, où se situe d’ailleurs notre auberge de jeunesse. L’endroit ne semble pas très prisé des touristes et pourtant c’est là qu’on y retrouve de très nombreux cafés, bars, petits restaurants ou encore salles de spectacles, à des prix bien plus abordables qu’en plein centre. Le quartier regorge de galeries d’art, de boutiques design et vintage, de vestiges de l’ère industrielle du quartier.
On retrouve également un nombre incroyable de parcs, tous pris d’assaut par les habitant·e·s du quartier, et la rivière d’Akerselva qui offre de jolie balade sur quelques 8 km.

Les rues sont plus petites, les immeubles aussi, on découvre Oslo sous une autre facette, loin des rues/quartiers musées.

C’est l’endroit idéal pour prendre son petit déjeuner en terrasse d’un café le matin, pour boire une bière en début de soirée ou encore pour déguster une veggie burger ou une merveilleuse pizza italienne dans un restaurant absolument plein à craquer !

Le port d’Oslo

Joli contraste architectural par rapport au Sentrum, ici tout est moderne, translucide, laissant passer les rayons de soleil entre les grandes baies vitrées. On y retrouve quelques musées et galeries d’arts ainsi que des curiosités artistiques posées ici ou là.
Nombreux·ses sont les norvégien·en·s qui profitent des douces température au bord de l’eau (voire même dans l’eau !) ou en terrasse des bars/restaurants qui animent Aker Brygge. Il y a du monde mais sans que cela soit oppressant, bien au contraire. Il y a une certaine bienveillance à l’égard de tout le monde, ce qui est plutôt agréable dans un lieu « branché » d’une capitale.

Au bout du port nous admirons l’étendu du fjord et ses petites îles. Nous n’avons pas pris le temps de les visiter mais chacune semble avoir un intérêt particulier (réserve naturelle, forêt, baignade, maisons de vacances typiquement norvégiennes…). Elles sont toutes accessibles via le ferry en tout cas.

Oslo Rådhus

Décoré par les plus grands artistes norvégiens du 20e siècle, l’époustouflant Hôtel de Ville berce la ville avec ses 49 cloches qui sonnent chaque heure. Il s’agit du siège de la direction administrative de la ville et du conseil municipal, situé à 2 pas du Port, et c’est ici — dans le grand hall — qu’est décerné le Prix Nobel de la Paix (le Centre Nobel pour la paix n’est pas très loin d’ailleurs).

L’intérieur est tout simplement majestueux, avec d’immenses fresques aux 1001 couleurs. On ne sait plus où regarder. Étonnamment il y a très peu de visiteurs, les gens se contentent juste de visiter le grand hall et puis s’en vont. C’est bien dommage parce que l’endroit vaut vraiment le détour. Mais tant mieux pour nous, nous pouvons prendre le temps de tout observer avec attention et réaliser de nombreuses photos en tout tranquillité.

L’Opéra d’Oslo

Notre deuxième journée d’exploration d’Oslo se termine sur le toit du très bel Opéra, petite merveille architecturale réalisée par Snøhetta (l’agence, par la montagne), tout en contemplant les derniers rayons de soleil au dessus du fjord et de la ville. Plus qu’un lieu culturel, l’Opéra est un vrai terrain de jeu la nuit. On peut y flâner et jouer aux ombres chinoises avec les multiples éclairages. Il parait que les habitant·e·s de la ville en sont assez fièr·e·s, on comprend pourquoi.

On profite de ce dernier moment citadin bien loin du bruit de la circulation, en captant l’écho d’une soirée karaoké sur les hauteurs de la ville, avant de sauter dans le dernier train au départ d’Oslo, parce que d’autres fjords nous attendent le lendemain.

 

#J-03De Myrdal à Flåm

4h35 : le train arrive à Myrdal, petite station de montagne située à 867m d’altitude. Nous ne sommes que 4 personnes à sortir du train, un couple et nous, se retrouvant soudainement dans une nuit noire et horriblement froide. On se précipite dans la minuscule gare où quelques randonneurs ont décidé d’y passer la nuit et on s’installe dans un coin du petit hall, en attendant que le jour se lève.

Après un dernier court sommeil sur le sol de la gare nous voilà sur pieds. On laisse dernière nous la chaleur de ce tout petit hall pour nous laisser accueillir par le froid glacial de la région.

Soudain nous découvrons l’incroyable paysage dans lequel le train nous aura déposé. Cette toute petite gare est située aux pieds d’immenses montagnes qui nous intimident. On se sent terriblement minuscule.

Nous commençons la randonnée tout dévorant des yeux toutes ces merveilles qui nous entourent : montagnes, cascades et rivières.

 

Seul·e·s au monde, ou presque, nous croisons deux randonneurs·euses sur le chemin mais surtout tout un troupeau de chèvres et quelques moutons à proximité d’une petite ferme coupée du monde qui produit du fromage de chèvre, le brunost. Notre présence ne semble pas du tout les déranger, les chèvres avancent droit vers nous tout en nous observant d’un œil méfiant. Nous aussi d’ailleurs.

Le cadre est tout simplement magnifique.

On s’arrête sans cesse pour observer tout ce qu’il y a autour de nous et on déambule un peu en dehors des sentiers. On tente même de mettre les pieds dans l’eau, gelée forcément.

« Clic-clac ». Seul le bruit du réflex perturbe le silence qui nous entoure. Cascades, forêts, rivières et tunnels obscurs, tout est tellement magique. Les photos s’enchaînent, le temps défile et le soleil chauffe de plus en plus. On ne peut rêver mieux pour une première dans la nature norvégienne.

Nous commençons à atteindre la deuxième partie de la randonnée qui se fait presque que sur une route… goudronnée ! Vélos et voitures de locations défilent à côté de nous. On est bien loin des petits sentiers au milieu de nul part que nous venons de parcourir dans la matinée.

La fatigue et la forte chaleur se font ressentir. Les sacs à dos pèsent sur nos épaules. Faut dire qu’il s’agit de notre premier grande randonnée. Et la route, pas franchement agréable, commence à nous irriter.

21km et 8h plus tard, nous arrivons enfin à Flåm, épuisé·e·s mais apaisé·e·s après cette première bonne bouffée d’air montagnard. La randonnée nous a pris bien plus de temps que prévu parce que nous avons fait de nombreuses petites pauses pour profiter des paysages et quelques micros « détours » en descendant vers les rivières. Et c’est sans regret puisque les 10 premiers kilomètres de cette randonnée sont absolument fabuleux.

Après une bonne douche bien méritée, nous finissons notre folle journée dans une micro-brasserie, Ægir BryggeriPub, qui brasse de merveilleuses bières dans un cadre certes un peu touristique mais joliment viking, d’autant plus que nous étions presque seul·e·s dans le bar/restaurant.
Après deux bières bien méritées, nous retournons à l’auberge manger un bout et nous nous effondrons très vite de sommeil dans notre petite chambre que nous partageons avec un couple d’allemand très sympa. Le plus drôle c’est qu’ils font exactement le même voyage que nous mais en sens inverse.

 

#J-04La traversée du Nærøyfjord

Il est à peine 9h lorsque notre ferry s’éloigne tout doucement du petit port de Flåm. Notre corps est encore fatigué et douloureux à cause de la veille (on s’est promis d’investir dans de nouveaux sacs à dos en rentrant) mais dès les premières secondes nous savourons les douces sensations de ce voyage en bateau. On est sur le point de traverser le Nærøyfjord, un des plus beaux fjords du pays !

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce bras du Sognefjord a la particularité d’être très étroit, à peine 250m de large à l’endroit le plus serré, et nous plonge dans des paysages totalement spectaculaires, d’un bleu omniprésent, des chutes d’eau vertigineuses, des roches qui s’élèvent à plus de 1400m au dessus de l’eau et quelques micro-villages colorés joliment perdus entre les montagnes.

Le ferry avance doucement ce qui nous donne le temps d’observer chaque détail, des pointes rocheuses aux phoques posés au bord de ces mêmes roches. C’est avec beaucoup de curiosité et d’admiration que nous observons ces petites maisons colorées isolées dont l’unique accès se fait par bateau. On est congelé mais on ne veut pas rater une seule seconde de cette incroyable traversée (la météo nous indiquait 4° à l’ombre).

La fin approche, cela fait déjà presque deux heures que nous naviguons sur cette eau si bleue et sous cet air glacial. Soudain, Gudvangen est là, au bout et dans le froid. On fini engouffré dans les méandres du fjord, complètement émerveillé par cette courte croisière dans un paysage de carte postale.

On casse la croute un peu à l’écart des touristes, profitant de ces derniers merveilleux instants au calme avant de monter dans le bus en direction de la ville de Bergen. Les yeux collés à la fenêtre, les trajets en bus/train dans ce pays sont époustouflants.

 

#J-05Sous le charme de Bergen

Après avoir passé un peu moins deux jours aux pieds des fjords, Bergen et ses habitants nous replongent dans la civilisation. Deuxième plus grande ville de Norvège avec ses quelques 272000 habitants, Bergen est aussi une ville portuaire et universitaire. Il parait aussi que c’est la ville la plus pluvieuse avec ses 240 jours de précipitations à l’année. Étonnamment nous sommes accueilli·e·s par un magnifique ciel bleu.

À l’opposé d’Oslo autant d’un point de vue architecture que géographique, nous tombons immédiatement sous le charme de la ville, ses petites rues qui grimpent, ses chemins de traverses, ses jolies maisons blanches en bois, son petit centre ville, ses commerces de proximité et son petit port coloré.

Cette fois-ci nous avons deux bonnes journées pour découvrir la ville. Nous posons nos bagages dans un chaleureux Bed & Breakfast, une petite maison blanche typiquement norvégienne située dans une rue un peu en hauteur, nous offrant une très jolie vue sur le quartier, ses chats et le centre-ville au loin.

Pour notre première visite nous nous rendons tout naturellement vers l’endroit incontournable, le quai de Bryggen, inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Le quai a subit de nombreux incendies ravageurs, le dernier datant de 1955. Depuis, il a été reconstruit tel qu’il était à l’époque. L’endroit est vraiment joli et nombreux·ses sont les norvégien·nes se retrouvant autour d’un verre en terrasses complètement ensoleillées. L’ambiance est complètement différente du port d’Oslo, tout est plus petit, plus mignon, plus atypique, telle une carte postale, et les paysages marins et montagnards rendent l’instant encore plus envoûtant.

Sur les hauteurs de Bergen

Entouré·e·s de sept montagnes et de la mer du Nord, les habitant·e·s de Bergen sont vraiment très proches de la nature. Du centre ville au Mont Fløyen il n’y a qu’un pas, ou presque, grâce au petit funiculaire. De là-haut on découvre une vue magnifique sur la ville et le port ainsi que ses montagnes voisines et les multiples petites îles qui entourent Bergen.

En s’éloignant du plateau panoramique on s’enfonce dans la forêt en suivant un peu au hasard les panneaux de signalisation qui indiquent plusieurs chemins de randonnées — dont la fameuse randonnée qui mène à Ulriken en passant par Vidden (dans notre todolist pour la prochaine fois !). Dinosaures, sorcières et petits oiseaux semblent peuplés la forêt d’après les anecdotes rigolotes accrochées aux arbres.

Arrivés au pied du lac nous savourons ce moment paisible, loin de la foule touristique. Le paysage se reflète sur l’eau si calme et si pure. Le silence est parfois perturbé par quelques enfants qui plongent dans l’eau. En descendant la montagne par la forêt nous croisons énormément de norvégien·ne·s venus faire leur footing, parfois avec leur chien et d’autres avec bébé dans la poussette tout terrain ! C’est à ce moment là que nous nous sommes rendus compte que les norvégien·ne·s sont particulièrement sportif·ve·s et n’ont pas peur des dénivelés pour leur balade du week-end.

Église et rock’n’roll

La Norvège est connue pour ses églises en bois debout mais compte aussi quelques églises de style néo-gothique comme Johanneskirken qui surplombe la ville. Construite en 1894, il s’agit de la plus grande église de la ville avec quelques 1250 places.

Après cette exploration très religieuse, nous partons à la recherche d’un endroit sympa où boire un verre, de préférence dans un quartier et lieu plutôt prisé par les habitant·e·s. On part en direction du Garage, bar et salle de concert assez connu dans la région. Ça tombe bien, lorsque nous y arrivons non seulement c’est l’happy-hour (vu les prix norvégiens, ce détail n’est absolument pas négligeable) et il y a un concert de stoner. Pas d’entrée payante, le groupe joue au fond du bar. Une bonne occasion de découvrir le public métal norvégien.

Le lendemain matin, après un dernier petit déjeuner dans notre B&B et un gentil mot dans le livre d’or, nous rejoignons la gare routière pour prendre notre bus nous menant à Stavanger. On n’a pas très envie de quitter cette jolie petite ville, si calme et décontractée. On s’est promis d’y retourner pour mieux explorer les environs. ♥

 

#J-06Stavanger, avec vue sur les fjords

La ville du Rogaland nous accueille sous le vent et la pluie. Ses rues sont désertes alors que nous sommes samedi. Mais où se cachent donc les habitant·e·s, les étudiant·e·s et les touristes de cette quatrième ville norvégienne ? On enfile nos vestes imperméables et on se laisse guider par nos pas, à la découverte de son petit centre-ville, son port et son lac. Les gros nuages qui surplombent la ville continuent de déverser des litres d’eau sur nos têtes. Nous croisons parfois quelques touristes qui comme nous bravent cette maudite pluie mais la balade n’est pas forcément des plus agréables.

Ville portuaire mais surtout pétrolière, Stavanger dégage une toute autre ambiance ; on y croise des hôtels et boutiques (très) chics, des hommes d’affaires bien habillés et des bars où le prix d’une bière ou d’un café dépasse tout ce qu’on a pu voir jusqu’ici. L’Université de la ville est aussi très importante et compte pas moins de 9000 étudiant·e·s.

Le centre-ville est composé de maisonnettes colorées et d’innombrables maisons blanches, avec de jolies petites rues de pavés et une verdure omniprésente sur les façades des maisons, c’est un peu comme si on découvrait un grand village. Un peu plus loin se trouve le Musée du Pétrole mais nous passons notre chemin.

Gamle Stavanger

De l’autre côté du Vågen se trouve Gamle Stavanger, le quartier historique de la ville et ses quelques 170 maisons construites aux alentours du 18e et 19e siècle et entièrement restaurées par la ville. La plus part des maisons sont des propriétés privées, on se croirait presque dans un petit musée tant les rues et les maisons sont soignées et joliment décorées. Certaines rues bénéficient d’une vue incroyable sur les fjords et ses montagnes au loin !

La pluie et le froid continuent de faire fuir les gens, on peut déambuler en toute tranquillité dans les rues quasi désertes. Gros coup de cœur pour la rue Øvre Strandgate qui est tellement magnifique (il s’agit de la photo un peu plus haut en introduction à la partie Stavanger). ♥

On s’éloigne du centre à la découverte d’autres quartiers plus résidentiels mais encore une fois nous ne croisons personne. Même la petite épicerie du coin est vide. On se balade un peu à l’aveuglette, sans trop de but ni d’enthousiasme. La pluie qui ne cesse jamais y est sans doute pour quelque chose.

Après quelques heures de déambulations mouillées nous trouvons refuge dans un bar à bière très chic, chaud et confortable (conseillé par le Guide du Routard). C’est d’ailleurs notre dernière étape de cette journée froide et humide avant de manger un bout — une pizza géante — et s’effondrer de sommeil dans notre chambre d’hôtel tout aussi chic (le seul réservé sur ce voyage, les auberges et B&B étaient déjà complets).

Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner au self de l’hôtel (le gros avantage de ces hôtels chics), nous quittons Stavanger sous un magnifique ciel bleu à bord d’un bateau, partant à la découverte du très célèbre Preikestolen. Qu’est-ce que nous avons hâte de découvrir cet endroit (et de revoir le soleil) !

 

#J-07Du haut du Preikestolen

Ça y’est, nous nous apprêtons enfin à découvrir une des merveilles de la Norvège, cet endroit que l’on aperçoit un peu dans tous les guides ou sur tous les blogs de voyage, l’incontournable, j’ai nommé le Preikestolen.

Formée il y a plus de 10 000 ans, la célèbre falaise s’élève à quelques 604m au dessus des eaux du Lysefjord et accueille plusieurs dizaines de milliers de visiteurs chaque année sur sa toute petite plateforme de roche qui surplombe le fjord. Même Victor Hugo en parlait déjà dans Les Travailleurs de la mer :

Le Lyse-Fjord est le plus redoutable des écueils-boyaux de l’océan.

D’une durée de 3 à 4h, en fonction du rythme de chacun·e, c’est un peu la balade familiale ou le petit trail de la semaine pour les norvégien·ne·s. Ce n’est pas vraiment la randonnée idéale pour se retrouver seul·e avec la nature puisqu’une centaine d’autres touristes ont eu la même idée que nous ce jour là (pourtant nous sommes en septembre). Pour être un peu plus au calme et profiter de la vue incroyable qui vous attend, il vaudrait mieux partir très tôt le matin ou en fin de journée, lorsque tous les cars sont déjà partis. Peu importe, on est ravi d’être là.

On passe à travers quelques marécages les pieds au sec (merci les planches de bois posées efficacement), on crapahute, nos pieds glissent un peu sous les roches, on attend pour laisser passer les gens, on double certain·e·s, on se fait doubler par d’autres, on lance quelques regards par dessus notre épaule pour contempler l’avancement de notre périple. Quel monde sur la route !

Soudain, la falaise est là, devant nos yeux, presque sous nos pieds même. Les sensations sont incroyables. On a un peu peur, ou plutôt les gens nous font peur ! Certain·e·s courent, d’autres font même le poirier au bord de la falaise. On enjambe l’immense faille dans la roche, on aimerait s’approcher un peu plus du bord mais nos jambes tremblent légèrement. Le vent souffle (un peu) trop fort. On va plutôt rester là où on est, à 6-8 mètres du bord, et profiter de cet instant magique.

La vue est tellement à couper le souffle, aucun mot ne peut vraiment décrire cet instant. Les couleurs au loin sont incroyables, d’un bleu vif, avec quelques légers nuages posés sur les roches.

On aimerait rester ici éternellement mais il y a bien trop de vent, il est temps de faire demi tour. On tente tout de même de se rapprocher un peu du bord des falaises, très prudemment. On aperçoit quelques bateaux qui nous paraissent minuscules. La descente se fait tout aussi facilement mais pas forcément plus rapidement à cause de la foule.

Nous récupérons nos sacs déposés à l’hôtel et nous nous dirigeons vers l’auberge un peu plus bas, au pied du lac. Celle-ci ne paie pas de mine mais pourtant c’est le coup de cœur immédiat ! Le chalet est posé au bord du lac entouré de nombreuses montagnes et lorsque tous les cars de touristes s’en vont, l’endroit est d’un silence radieux ! Seul le vent et le bruit de l’eau chatouille nos oreilles.

On passe notre soirée dans la salle commune, chauffée par les derniers rayons de soleil et remuée par les rafales de vent. Tout en regardant la nuit tomber, on bouquine et on papote silencieusement pour ne pas déranger les quelques autres personnes qui profitent du même spectacle dans leur coin. C’est ce genre de moment simple et paisible que nous souhaitons pour ce voyage et jusqu’à présent nous n’avons pas été déçu.

#J-08Gryteknuten, la voisine du Preikestolen

Que c’est agréable de se réveiller dans un tel endroit, après une bonne nuit réparatrice dans notre micro-chambre. Et puisque nous avons encore toute la journée devant nous, on part à la découverte d’autres sentiers de randonnées, ce n’est pas ce qui manque dans les parages.

Nous nous avançons vers ce qui semble être le départ de multiples randonnées, choisissant celle qui nous paraît la moins longue ; ce serait bête de rater le bus qui doit nous ramener à Stavanger (où un train de nuit nous attend). Notre choix se porte donc sur celle nous menant au Gryteknuten, nom qui nous parait un peu difficile à prononcer au premier abord. Contrairement à la veille, nous sommes complètement seul·e·s et cela se ressent également au niveau du chemin qui n’a rien à voir avec celui du Preikestolen.

Bien moins balisé et beaucoup plus sauvage, le sentier nous oblige souvent à plonger les pieds dans les marécages et autres immenses flaques de boue. Quelques planches ont tout de même été posées ici ou là pour mieux traverser certains endroits. On saute de roche en roche, essayant de tenir l’équilibre et surtout de ne pas glisser. Cette première heure à travers les marécages n’est pas de tout repos.

La suite du chemin se fait dans la forêt ; grosses pierres et arbres morts jonchent le chemin pas toujours très bien balisé mais on arrive à s’en sortir. Il n’y a qu’un seul chemin après tout. Une petite belette vient nous saluer, méfiante mais intriguée par notre présence.

On sort tout doucement de la forêt, découvrant la hauteur à laquelle nous sommes déjà. On aperçoit même au loin notre auberge de jeunesse.

Plus que quelques dernières roches à escalader et nous voilà enfin sur le plateau du Gryteknuten, nous offrant une magnifique vue à 360° ! Cette fois-ci nous sommes bel et bien seul·e·s, on peut donc prendre notre temps et profiter pleinement de ce paysage incroyable et ce calme si reposant.

Nous rebroussons chemin, sans jamais croiser qui que ce soit tout au long de cette randonnée.

La réalité nous revient de plein fouet lorsque nous montons (de justesse) dans le bus. Plus que quelques heures d’attente dans la capitale du pétrole avant de reprendre notre dernier train de nuit pour rejoindre la capitale norvégienne.

La fin du voyage approche. Ces voyages en bus vont nous manquer. Découvrir un pays en transport en commun peut paraître stressant et contraignant mais nous sommes ravis de ce choix. Nous avons vu des paysages incroyables défiler sous nos yeux, entre 2 siestes, et les routes norvégiennes (surtout côté sud-ouest) sont entre-coupées par de nombreuses traversées en ferry dans des paysages complètement dingues.

 

#J-09 & 10Derniers instants à Oslo

De retour dans la capitale après une nuit difficile dans le train, nous nous retrouvons dans l’agitation habituelle d’une grosse gare en pleine heure de pointe (il est 7h30). Nous retournons à la même auberge de jeunesse pour y déposer nos affaires. On terminerait bien notre nuit dans un vrai lit mais notre chambre ne sera prête qu’à partir de 14h. Nous allons nous contenter d’un ou deux cafés/thés pour se rebooster un peu et prévoir notre petit programme pour cette dernière journée.

On se rend compte que nous n’avons pas encore visité le célèbre Parc de Frogner, Frognerparken en norvégien, qui comprend entre autre l’installation de Vigeland, Vigelandsanlegget en norvégien. Celui-ci rassemble plus d’une centaine d’œuvres du sculpteur Gustav Vigeland qui a également imaginé et dessiné l’architecture de cette partie du parc.
Le Frognerparken est plutôt grand et agréable mais sa visite n’est pas transcendante non plus, sauf si vous êtes un·e grand·e fan du sculpteur norvégien. On y croise énormément de monde, ce qui nous rebute un peu et nous pousse tout doucement vers la sortie. Nous préférons nous aventurer dans les petites rues voisines et partir à la découverte de cet agréable quartier coloré que nous ne connaissons pas encore.

On pourrait profiter de cette dernière journée à découvrir d’autres endroits que nous n’avions pas encore visité au début de ce road-trip mais la fatigue se fait bien trop ressentir. On déambule au hasard, tels des zombies, dans le centre-ville et le quartier Grünerløkka, en attendant avec impatience une vraie nuit de sommeil.

 

Le lendemain matin nous quittons pour la deuxième — et dernière — fois la rue de Willy Wonka (en fait il s’agit des chocolats Freia), laissant derrière nous cette douce odeur de chocolat.

Arrivé·e·s à l’aéroport Francfort, nous rejoignons notre voiture avec le blues du retour mais des fjords pleins les yeux, tout en imaginant déjà notre prochain voyage en Norvège. ♥
(Spoiler alert: on y retournera dès l’année d’après !)

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