Dans les rues de Chine

En Chine, les rues ne dorment jamais. Les chinois et les chinoises semblent vivre autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, occupant chacun des espaces pour cuisiner, vendre, acheter, manger, jouer, parier, discuter ou même faire la sieste. Aussi épuisante que fascinante, cette foule constante représente à elle seule ce qu’est la Chine. C’est en se baladant dans ses rues qu’on se retrouve plonger dans le quotidien de ses habitant·e·s, dans ce joyeux bordel où les sourires et leur curiosité à notre égard ne les quittent jamais. Ces “Hello!” qu’on nous lançait à tout-va, enfant comme adulte.

Des “petites” villes aux pieds des montagnes karstiques aux immenses métropoles, ces bouts de vie attirent notre regard, nous intriguent et nous font sourire. On ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec notre mode de vie en Europe, ne cessant de se prendre en pleine face une culture si différente. Bien sûr, il y a cette influence occidentale qui envahi de plus en plus les plus grandes villes chinoises — Beijing, Shanghai, Guangzhou, ces villes modernes à peines différentes de nos métropoles. Les grandes chaînes de fast-food sont omniprésentes et les centres-commerciaux donnent parfois le vertige.

Mais, parallèlement à tout ça, il y a encore cette vie pleine de contraste, ces stands ambulants où piments, tofu épicé, brochettes de poulet ou fruits exotiques pré-découpés débordent. Ces rues où il y a plus de scooters électriques que de piétons. Ces véhicules à trois roues tellement chargés qu’on se demandait souvent comment ça pouvait rouler. Ces gares routières plantées sur un terrain vague. Ces bus publics qui se transforment en livraison de colis. Ce linge suspendu à chaque fenêtre. Ces vieilles maisons aux pieds des tours modernes. Ces mêmes maisons devant lesquelles chacun a son stand, légumes, bouteilles d’eau ou bijoux fantaisie.

Je n’aurai pas pensé que ce pays allait autant m’inspirer en photographie. Peut-être parce que c’était ma première fois en Asie. Peut-être parce que tout me paraissait nouveau et excentrique sous mon regard d’européenne. Peut-être aussi parce que je ne m’étais jamais autant sentie à l’aise pour photographier la rue et ses habitant·e·s. Ces rues pleines de vie. Je pense que cette aisance vient notamment du fait que la photo semble omniprésente en Chine, tous et toutes armé·e·s de leur smartphone à photographier et filmer à tout-va, nous y compris.

Ce post est une balade dans les rues de Chine, de Guangzhou jusqu’à Beijing, des instants volés avec des odeurs de fruits exotiques et des bruits de scooter.

Guangzhou — Entre deux rues agitées dans la grande ville de Guangzhou, un havre de paix plus que plaisant.

Yangshuo — Les petits stands ambulants semblent être indispensables dans la vie de la petite ville de Yangshuo, avec ses étalages de fruits exotiques tous plus alléchants. C’était l’endroit parfait pour déguster ces fruits qui ne poussent pas en France métropolitaine (♥ le fruit du dragon) et se rafraîchir à coup de jus de mangue ou de pastèque.

Xingping — Nichée entre les montagnes karstiques et la rivière Li, le village nous plonge dans une Chine un peu plus ancienne avec son centre-ville historique. Certain·e·s touristes chinois·es se transforment en peintre en l’espace d’une heure pendant que les locaux travaillent dans leurs petits ateliers ouverts aux yeux de tous. À deux pas de ces petites rues, on peut admirer le célèbre paysage visible sur le billet de 20 yuan.

Dazhai — Les rues sont presque désertes dans ce minuscule village de montagne, logé entre les rizières en terrasses et la forêt. La vue depuis notre chambre est à couper le souffle. Nous avons passé la soirée avec le propriétaire de l’hôtel et sa famille autour d’un repas maison vraiment délicieux (ce riz cuit dans du bambou ♥), des alcools de riz maisons étonnants et nos smartphones comme moyen de communication. C’était déroutant de communiquer ainsi durant des heures et en même temps formidable de pouvoir contourner la barrière de la langue.

Guilin — Se balader le long de la rivière, profiter de l’ombre et de la brise sous les arbres, tout en contemplant la nature qui entoure la ville de Guilin, riche et surprenante.

Guilin, Shanghai — Il n’y a pas une rue sans scooter en Chine, électrique en grande majorité, ce qui réduit considérablement le bruit dans les rues déjà tant agitées. Les scooters se faufilent entre tout et tout le monde, en solo ou en famille, avec les courses, le chien ou le bébé à l’avant, on ne cesse d’être surpris.

Shanghai — Quelles sont larges et pleines de verdure les rues de Shanghai, la circulation semble moins dense, le volume sonore est même plus supportable. Certaines rues nous invitent à marcher et traverser à tort et à travers, sans klaxon assourdissant, rendant cette immense ville comme l’une des plus agréables de Chine.

Shanghai — Ces endroits où tout se croise, où la voiture plus forte que tout passe dessus-dessous, où le piéton peut se frayer un chemin, à peine visible dans cet amas de briques et de bétons.

Shanghai — Comme un retour en Europe dans l’Ancienne Concession Française où les bâtiments dépassent rarement les trois étages, quelques inspirations haussmanniennes et Art Nouveau et des immenses maisons à la Française cachées au fond de jolis jardins. On y croise presque autant de chinois·es que d’expatrié·e·s, les restaurants arborent fièrement leur menu en anglais et la western food est partout. Une découverte intéressante et quelque peu déroutante, ne pensant pas faire un tel bon en Europe au détour d’une rue.

Shanghai — Au coin d’une rue ou au pied d’un immeuble, devant un marchant de légume ou à l’entrée d’un parc, la rue est toujours pleine de vie et laisse place aux longues discussions ou aux rencontres parfois éphémères.

Qibao — Ce jour-là, les rues étaient pleines de monde, la Golden Week venait tout juste de commencer. Chacune des rues se transforme en lieu de fête. Le drapeau chinois est partout, sur un chapeau ou parfois glissé dans la poche arrière d’un jean. En famille, les chinois·es visitent le pays et s’émerveillent face à tout. Ici, personne ne pouvait s’empêcher de passer sous l’arbre, y compris ce petit garçon qui caressait du bout des doigts ces rubans rouge.

Shanghai — La Chine est un pays en évolution constante depuis quelques années, une évolution économique qu’on se prend en pleine face à chacun de nos pas. Les tours modernes côtoient les plus vieux quartiers où les habitudes n’ont pas encore été trop influencées par la vie occidentale.

Xi’an — C’est dans des villes comme Xi’an que le contraste est encore plus saisissant, marchant sur des vieilles pierres restaurées et préservées — ici l’ancienne fortification de la ville — au milieu de tours de béton vertigineuses floutées par la pollution. Je me souviens de cette chaleur plombante et surtout, pour la première fois depuis le début du séjour, un taux de pollution plus qu’alarmant, nous obligeant à rentrer plus tôt à l’auberge tant c’était insupportable.

Pingyao — Comme un retour dans le passé dans l’ancienne ville de Pingyao avec ses innombrables petites maisons de brique aux couleurs de la Chine, faisant honneur à la Golden Week. Un jeune couple arbore même fièrement une tenue traditionnelle pour une séance photo, à l’instar des jeunes japonais·es vêtu·e·s de leur kimono.

Pingyao — La street food est omniprésente à Pingyao, les stands occupent la rue dès les premières lueurs du soleil. Le mooncake était encore à l’honneur aux côtés des spécialités de la région telle que les mountains noodles. S’il y a bien une chose qui nous aura marqué en Chine c’est la nourriture et leur rapport à celle-ci : iels mangent tout le temps, iels cuisinent énormément et surtout iels savent ce qu’iels mangent et ce que cela apporte à notre corps.

Pingyao — Les rues principales donnent parfois l’impression d’être dans un marché de Noël ou dans une foire. Puis il y a ces petites boutiques un peu cachées, à la lumière discrète, attendant ses clients en silence. Mais les pièces d’antiquités ne semblent pas attirer la foule face à toutes ces boutiques modernes et aux gadgets souvent inutiles.

Pingyao — Parce que la lumière était juste parfaite. Les rues commerçantes se croisent et se ressemblent, on ne sait plus où aller ni même où nous sommes. On avance, on fait demi-tour, on passe ici ou là, se laissant tout simplement aller entre ces rues historiques. Ce genre de vieilles villes préservées et restaurées semble assez rare en Chine.

Pingyao — Il est 6h du matin, la ville se lève à peine, la pollution efface tout au loin. La lumière du matin est toujours la plus belle. Équipées d’une enceinte, certaines chinois·es sont déjà dans la rue pour danser. C’est peut-être pour profiter de cette lumière et du calme qu’elle génère.

Taiyuan — Seul·e ou en famille, électrique ou à la force de ses mollets, les deux-roues sont omniprésents. Je me souviens que certain·e·s habitant·e·s m’observaient, plutôt intrigué·e·s, ne comprenant pas ce que je pouvais bien photographier.

Xingping, Beijing — Un billet sans photo de chat, est-ce possible ? Les chats sont partout en Chine, sauvages ou pas, et viennent vous saluer gentiment à coup de miaulement et de frottement.

Beijing — Il n’est pas rare de croiser dans la rue ces couples arborant fièrement la même tenue. Certain·e·s se contentent juste du même t-shirt tandis que d’autres vont jusqu’à porter la même tenue complète. Ces petits trucs insolites qui nous faisaient sourire.

Beijing — Ces ramasseurs de cartons et de bouteilles en plastique nous fascinaient. On peut les croiser un peu partout en Chine, à bord de leur petit trois-roues, avec bien souvent des chargements si impressionnant qu’on se demandait comment la machine pouvait encore avancer.

Beijing — La foule en Chine, on peut difficilement y échapper. C’était ce qui nous effrayait le plus avant d’arriver sur le sol chinois. On peut dire que pour cette première fois en Chine, nous avons été plutôt bien servi entre la Golden Week, le festival de l’Automne ou notre premier trajet en train juste après un typhon. Aussi drôle qu’abominable, on s’adapte comme on peut à cette marrée humaine et surtout, on apprend à faire preuve de patience, parce que c’est mieux pour le moral. =)