Un dernier tour en Nouvelle-Zélande

Un dernier tour sur l’Île du Sud avec quelques ami·e·s venu·e·s spécialement nous voir (et découvrir le pays, bien évidemment), on ne pouvait rêver mieux comme fin de voyage en Nouvelle-Zélande. De Abel Tasman jusqu’aux fjords, en longeant les deux magnifiques côtes — Est et Ouest, nous leur avons fait découvrir notre petit pays d’adoption, notre “chez nous” depuis 10 mois, en essayant de passer par les plus beaux coins du pays (scoop ! Il y en a beaucoup trop), en empruntant nos routes préférées et en retournant à nos endroits coup de cœur. Les voir s’émerveiller nous rendaient heureux·ses. Même nous, nous étions toujours aussi émerveillé·e·s. Je crois qu’il est impossible de se lasser des paysages néo-zélandais.

Nous avons même réussi à explorer des endroits totalement nouveaux pour nous — Fox Glacier qui était inaccessible cet été, certaines parties de la côte Est — ou re-découvrir d’autres endroits d’une autre manière, comme cette journée kayak et bateau à Abel Tasman. Le tout sans la même affluence qu’en été. Et ça, c’était plutôt agréable !

C’est à peine si nous les avons vu passer ces dix mois et demi à arpenter ce bout du monde. J’ai parfois l’impression que notre départ pour la Nouvelle-Zélande c’était hier. Tout s’est accéléré dès que nous avons quitté Wanaka, avec nos (dernières) péripéties du van, recharger nos sacs à dos et boucler les derniers préparatifs pour l’Asie. Même le gouvernement néo-zélandais nous a envoyé un mail nous rappelant qu’il est bientôt l’heure de partir. Nous sommes plus proche que jamais de la fin de notre voyage, de notre retour en France. On aimerait pourtant que ce soit encore un peu loin.

Côte-Ouest

Du Cape Farewell à Milford Sound, en passant bien évidemment par Wanaka, les plages, les forêts et les glaciers se succèdent. Nous avalons les kilomètres au milieu de ces grands paysages. Rando, kayak ou bateau, tous les moyens sont bons pour (re)découvrir les plus beaux parcs nationaux de la Nouvelle-Zélande. On pique-nique face à la mer, avec quelques wekas gourmands.

Les campings sont déserts, les routes n’appartiennent qu’à nous et les endroits les plus connus accueillent seulement quelques poignées de personnes. On savoure encore plus chaque lieu, chaque instant.

Malgré le froid dans certaines régions, l’hiver reste notre saison préférée en Nouvelle-Zélande : (beaucoup) moins de monde et des paysages enneigés magnifiques sous une lumière plus douce. En août, les journées commencent enfin à devenir plus chaudes, plus longues et les fleurs ont déjà sorti les plus belles pétales. Néanmoins les nuits restent fraîches et terriblement humides, un vrai bonheur quand on dort en tente. Le van nous manque beaucoup dans ces moments-là.

Nos deux premières étapes de ce nouveau roadtrip sont la Golden Bay et Abel Tasman. Dans les deux cas, les plages sont quasi désertes. Nous redécouvrons ces beaux endroits sans un chat, avec la douce lumière hivernale. Nos ami·e·s les admirent pour la première fois.

Les glaciers sont à peine plus blanc que cet été, mais les montagnes voisines sont joliment enneigées. Cette fois-ci, nous avons de la chance, la route vers Fox Glacier est ouverte ! La pluie et les gros nuages apportent une ambiance particulière, on a parfois l’impression d’être sur une autre planète.

On savoure une dernière fois Wanaka et sa région du haut des montagnes, Mont Iron et Rocky Mountains, sa vue sur le lac que l’on admirait chaque jour avant d’aller travailler. Pas un seul nuage ne vient perturber le bleu du ciel. Quant au soleil, il nous réchauffe tellement qu’on en oublie l’hiver.
On passe furtivement à Queenstown où nous mangeons le meilleur des burgers vegan — dans cet excellent bar — tout en savourant quelques bières, parce qu’on ne finira jamais de tester toutes les micro-brasseries néo-zélandaises.

Arrive enfin l’endroit le plus pluvieux de Nouvelle-Zélande, les fjords. Notre dernière étape sur cette côte. On s’arrête un peu en chemin, pour découvrir les jungles ou les vallées qui nous entourent.

Réveil matinal et sous la pluie le jour suivant, nous embarquons de justesse dans le premier bateau qui va se perdre dans les fjords. La pluie est encore plus forte que lors de notre croisière en juillet, mais les cascades sont aussi plus puissantes, des milliers de chutes d’eau coulent le long des sommets. Le bateau s’arrête quelques minutes face à un mur de cascades, nos yeux se perdent. On peut même entendre quelques pingouins cachés quelque part sous les arbres. Cet endroit nous laisse toujours sans voix.

Côte-Est

Après avoir remonté la Milford Road, la route se fait un peu longue et monotone entre Te Anau et Dunedin. On décide de passer la nuit à mi-chemin dans la ville de Gore (ce nom !) et son camping qui ne paie pas de mine, un petit bout d’herbe à côté d’un terrain de rugby. Un monsieur nous accueille avec tant de gentillesse et nous annonce un prix plus que dérisoire. C’est toujours chouette de pouvoir poser son van ou sa tente un peu n’importe où, avec parfois la possibilité d’utiliser les toilettes et douches comme c’est le cas ici (on peut se doucher dans les vestiaires du club de Rugby). C’est si facile de voyager en Nouvelle-Zélande.

De Dunedin à Christchurch, nous remontons tout doucement la côte Est avec ses beaux points de vue sur l’océan. C’est sur cette côte que nous rencontrerons le plus d’animaux sauvages. Tout commence sur la Péninsule d’Otago et sa magnifique plage (sans doute une de mes préférées) Sandfly Beach. Les phoques sont particulièrement nombreux ce jour-là. Nous les observons tranquillement, en prenant soin de ne pas les déranger. Mais, comme lors de notre précédente visite, ce sont eux qui s’approchent soudainement de nous. Deux jeunes phoques semblent sautiller de joie en nous voyant et foncent droit vers nous. C’est rigolo sur le coup mais ça va vite ces bêtes-là ! La maman les rappelle immédiatement à l’ordre à une vitesse effrayante. Une rencontre plutôt drôle et agitée.

Un peu plus loin, sur la même péninsule, des albatros passent juste au-dessus de nos têtes. Les oiseaux sont si grands qu’ils laissent derrière eux une ombre gigantesque. L’endroit regorge aussi d’autres oiseaux dont les indémodables mouettes qui ne cessent de brayer.

Nous nous réveillons à Moeraki sous un ciel totalement explosif, le soleil n’est pas encore tout à fait là, mais les premières couleurs sont incroyables. Qu’ils sont beaux les ciels néo-zélandais. ♥

Nous roulons en direction de Katiki Point, qui est LE spot à pingouins aux yeux jaunes. À peine arrivé·e·s, nous voyons deux pingouins trottiner sur les dunes en direction de l’océan. Leur façon de se jeter à l’eau est si drôle. Plus loin, de nombreuses otaries à fourrure se prélassent, en haut ou aux pieds des falaises, elles sont partout. On croise également de nombreux moutons et ses petits.

Un dernier pingouin fait son apparition. Il est vraiment proche de nous — même pas 5 mètres — et nous observe scrupuleusement. On l’observe également, en silence. Seul l’océan fait des ravages.
L’endroit est magnifique, le contraste entre la couleur de l’océan et celle du sable orange est sublime. Nous avons la chance d’être complètement seul·e·s. Parfois ça vaut la peine de se lever tôt.

Auckland

Derniers jours à Auckland. Quelques dernières bières. Quelques dernières gourmandises (on avait presque oublié qu’il y avait tant d’adresses vegan dans cette ville !). Quelques dernières démarches administratives. Quelques adieux à nos ami·e·s qu’on reverra dans quelques mois, en Europe. On se rend compte que nous ne sommes pas mécontent de retrouver la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, son melting pot, ses rues agitées qui nous paraissent si familières. Notre voyage se termine vraiment là où il a commencé.

Notre avion décolle en direction de la capitale nippone, nous laissons Auckland derrière nous, sans trop réaliser que nous quittons la Nouvelle-Zélande définitivement. La fin d’une belle aventure, le début d’une autre.