Les notes de juin

C’est avec joie et tristesse que nous quittons Wanaka, après quatre mois et demi, il était temps de partir. Quand la routine est un peu trop bien installée, il faut savoir s’en détacher et s’envoler vers d’autres lieux. Après tout, nous sommes en voyage.

Comme beaucoup d’autres personnes, nous sommes resté·e·s un peu “coincé·e·s” dans cette minuscule ville. Cet endroit qui ne devait être qu’un endroit de passage est devenu bien plus, notre “chez nous” à l’autre bout du monde. Certaines personnes sont toujours là, coincées entre ces montagnes depuis un an, deux ans, voire plus. Leur PVT a expiré depuis longtemps. Les paysages majestueux et les possibilités quasi infinies en matière d’outdoor sont souvent les raisons qui nous poussent à rester un peu plus longtemps ici. Et puis petit à petit la routine s’installe, on s’approprie des lieux qu’on aime retrouver après le boulot ou lors des jours de repos. On rencontre des gens, les liens se créent, les bons moments passés à leurs côtés s’enchaînent. Un pic-nique au bord du lac, une partie de disc golf, un brunch ou des repas autour de tacos, sans parler des litres de bières jusqu’à la fermeture des bars, ces mêmes groupes de reprises qu’on voit et revoit chaque semaine, faisant danser tout un bar en rejouant les tubes d’Offspring, Daft Punk ou Eminem.

On aurait aimé faire plus de choses avec tous ces nouveaux ami·e·s voyageurs et voyageuses, on aurait aimé faire plus de randonnées, se racheter des vélos pour parcourir les environs, gravir d’autres sommets, tenter d’escalader des roches, sauter un peu plus souvent dans la rivière ou le lac, mais l’humain aura toujours ses regrets et ses contradictions. Notre expérience s’est passée ainsi et nous restons plus que ravie d’avoir pu vivre tout ça dans un tel endroit avec des rencontres non moins merveilleuses. Au fond, avant de quitter la France, c’est ce qu’on voulait pour ce voyage, vivre un peu plus paisiblement au milieu de la nature.

C’est avec un gros pincement au cœur que nous rendons nos uniformes New World tout en disant au revoir à toute l’équipe. Cette expérience nous a appris que peu importe le travail, qu’il soit fatiguant et répétitif, quand l’équipe est souriante et l’ambiance toujours aussi positive, le travail n’est plus vraiment une corvée et les journées sont bien plus agréables. Nous garderons un souvenir tout particulier de ce job à l’autre bout du monde. Entendre toutes ces différentes langues au quotidien. Mieux comprendre l’accent kiwi. Échanger à propos des cultures de chacun·e. Voir toutes ces personnes souriantes qui te saluent quand tu arrives. Ces client·e·s parfois drôles. Ce management ultra positif, toujours bienveillant, jamais oppressif.

Nous avons déjà dit au revoir à tant de monde ces derniers mois, certaines personnes ont même déjà quitté le pays depuis. À notre tour de s’en aller, sans oublier l’avant-dernier verre avec les ami·e·s à qui on ne dira pas encore tout à fait adieu puisqu’on les reverra dans 10 jours pour fêter 3 anniversaires (dont celui de Lucas).

Bien dans nos bottes

Nous ne nous sommes pas trop parti·e·s à l’aventure ce mois-ci, profitant des jours de repos pour organiser la suite du voyage mais surtout, nous reposer justement ! Des petits-déjeuners bien gourmands, des balades aux pieds des montagnes ou au milieu des vaches et des moutons, cuisiner et manger nos repas tous les midis au bord du lac, quelques sauts dans la piscine et sa vue imprenable sur les montagnes, nous vivons paisiblement notre dernier mois à Wanaka.

D’ailleurs, depuis notre claque hivernale d’il y a quelques semaines, nos corps supportent bien mieux le froid. On se surprend même à se balader avec un simple pull, comme les locaux, tandis que les touristes sont emmitouflés dans leurs immenses manteaux d’hiver. Les matinées sont pourtant encore plus froides et les nuits se passent dans un épais brouillard. Je crois qu’il suffit d’accepter le froid tout simplement, on sait qu’il est là, qu’il nous entoure et nous tiraille. Se changer le matin quand il fait 0° est tout sauf agréable. On évite de rêver d’une maison chaude et d’un feu de bois. Il suffit d’un bon bol de céréales et d’un thé brûlant pour l’oublier. Le froid laisse aussi de magnifiques ambiances au réveil, avec le soleil qui tente de percer la brume, la végétation gelée tout autour de nous et la rivière qui semble plus chaude que l’air extérieur (l’eau est en moyenne à 8°).

Nous avons adoré les couleurs de l’automne, mais je crois que l’hiver est encore plus époustouflant. La neige dévoile les reliefs de chaque montagne. Chaque matin, les nuages tournent autour de ces mêmes montagnes. L’air si froid reste caché à l’ombre des sommets et reprend le dessus quand le soleil s’en va. Il y a comme une couleur bleue glaciale omniprésente tout autour de nous, que le soleil arrive peine à faire disparaître.

Et puis il y a ce ciel et ces couleurs qui éclatent juste avant la tombée de la nuit. Peu importe l’endroit où nous sommes, en pleine rando, au pied du lac, dans un café ou depuis l’entrepôt du boulot, le spectacle est toujours aussi beau et captivant.

 

J’ai justement envie de finir ce billet sur ce coucher de soleil totalement dingue, les gens ont couru vers le lac, tous et toutes avec leur smartphone dans les mains pour essayer de capturer ce moment unique qui n’aura duré que 15 minutes. Je crois que cet endroit, aussi minuscule et ennuyeux qu’il peut être, nous manquera tout de même un peu pour toutes ces merveilles que seule la nature peut offrir.